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Vidit, 8 ans : « Pourquoi les tigres ont-ils des rayures ? »

samedi 6 février 2021, par classedu

Illustration de tigres. Freepik, CC BY-SA

Andrew Cushing, University of Tennessee

Lorsque les tigres traquent leurs proies, généralement dans la lumière sombre du crépuscule ou de l’aube, ils sont presque invisibles. Qu’ils vivent dans des prairies, des forêts ou des jungles, les tigres sauvages ont un pelage orange foncé avec des rayures sombres. Alors comment un animal avec une couleur aussi vive peut-il rester suffisamment bien caché pour réussir sa chasse ?

La réponse : le camouflage !

Des tigres verts ?

Dans mon travail en tant que vétérinaire zoologiste, j’ai pu étudier comment le pelage, les plumes, les couleurs, les taches et les rayures de divers animaux ont évolué pour les aider à attirer un partenaire ou à se déguiser. Le camouflage – ou « coloration cryptique » – leur permet de se cacher, sans être détectés.

Comme les tigres sont des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, ils n’ont pas besoin de se cacher des animaux qui pourraient les manger, car aucun animal ne les chasse. Ce sont des carnivores – ils mangent de la viande – et ils comptent sur la furtivité pour réussir leur chasse.

photo de tigre montrant comment un humain le verrait et comment un cerf le verrait
L’œil humain peut traiter le rouge, le vert et le bleu, donc pour nous, un tigre est orange (à droite). Le cerf ne peut traiter que le vert et le bleu, ce qui le rend daltonien (à gauche), il voit le tigre vert. J. G. Fennell et coll., Journal of The Royal Society Interface, CC BY

Ils sont aidés par la vision limitée de leur proie préférée. Les cerfs et autres animaux à sabots ne peuvent pas voir toute la gamme des couleurs, un peu comme un humain daltonien.

Cela les aide à mieux voir dans une lumière faible, mais cela les rend également vulnérables. À leurs yeux, la fourrure du tigre n’est pas orange vif : elle semble verte et ils vont donc avoir du mal à distinguer un tigre au milieu de la végétation.

Caché à la vue de tous

Les marques du tigre jouent également un rôle important. Leurs rayures verticales, qui vont du brun au noir, sont un exemple de ce que les biologistes appellent la coloration perturbatrice. Elles contribuent à briser la forme et la taille du félin pour qu’il se fonde dans les arbres et les hautes herbes.

C’est important car ces prédateurs ne chassent pas en groupe, comme un lion, ou n’ont pas la vitesse d’un guépard. Les tigres sont des chats solitaires qui dépendent de la furtivité et du camouflage pour survivre.

Un tigre du Bengale camouflé parmi les arbres et le feuillage dans le parc national de Kanha en Inde. Kailash Kumbhkar/Wikimedia, CC BY

Les rayures varient même entre les six sous-espèces de tigres. La sous-espèce de tigre de Sumatra a des rayures beaucoup plus étroites que les autres et en possède davantage. Cela l’aide à rester caché dans sa jungle dense.

Unique comme une empreinte digitale

Quand on observe de près les différents tigres, comme je le fais dans mon travail, on voit que chacun de leurs motifs de rayures est unique, comme celui d’un zèbre. Il n’y a pas deux tigres identiques. Ils sont aussi différents que les empreintes digitales humaines.

Chaque tigre a son propre motif de rayures unique – et elles ne sont pas les mêmes des deux côtés !. Mathias Appel/Wikimedia

Cela permet aux chercheurs qui les étudient dans la nature d’identifier et de compter les tigres individuellement. Ils utilisent des appareils photo à distance pour prendre des photos des animaux lorsqu’ils passent devant eux. Grâce à cette méthode, les experts en tigres estiment qu’il ne reste qu’environ 3 400 tigres sauvages dans leurs pays d’origine en Asie.

Il n’y a pas que leur fourrure qui est ornée de bandes noires. Lorsque nous devons endormir un tigre pour soigner une blessure ou faire des soins dentaires, nous rasons sa fourrure. Il est toujours surprenant de voir que leur peau ressemble presque à un tatouage : elle a le même motif de rayures que leur fourrure !

Les tigres blancs

Alors si les rayures camouflent les tigres de leurs proies potentielles, pourquoi certains d’entre eux sont-ils blancs ? Arrivent-ils à se camoufler aussi dans la jungle ?

Pour eux, c’est beaucoup plus difficile ! Parce qu’on les a vus à la télévision ou dans des attractions touristiques animalières, on peut penser qu’ils sont communs, mais ce n’est pas le cas. Une mutation génétique chez les tigres du Bengale rend leur fourrure blanche. Les deux parents doivent être porteurs du même gène très rare pour produire des petits blancs. Les tigres blancs sont élevés en captivité pour attirer les touristes – et la consanguinité produit une progéniture en mauvaise santé.

Le pelage du tigre blanc est causé par une mutation génétique rare. Il ne reste plus de tigres blancs dans la nature : En captivité, les zoos élèvent des tigres blancs, produisant ces animaux magnifiques mais en mauvaise santé pour attirer les touristes. Basile Morin/Wikimedia, CC BY

Il n’y a jamais eu beaucoup de tigres blancs dans la nature. Le dernier a été repéré il y a plus de 60 ans. C’est logique en termes d’évolution. Un tigre blanc et noir est plus facile à repérer qu’un tigre orange, il aurait donc plus de mal à attraper son dîner.

Le pelage rayé caractéristique des tigres les aide à chasser avec succès, mais c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles ils sont en voie de disparition. Les tigres sont tués pour leur belle fourrure, qui est très chère dans le commerce international illégal des animaux sauvages, principalement en Asie. Les gardiens des parcs et les groupes de protection de la nature s’efforcent de protéger cet animal emblématique, le plus grand de tous les grands félins.


Diane Rottner, CC BY-NC-ND

Si toi aussi tu as une question, demande à tes parents d’envoyer un mail à : tcjunior@theconversation.fr. Nous trouverons un·e scientifique pour te répondre.The Conversationhttps://theconversation.com/republi... —>

Andrew Cushing, Assistant Professor in Zoological Medicine, University of Tennessee

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

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